Diane Légaré – On ne plonge pas dans une côte | E001

Épisode 001 Diane Guénette-Légaré

Description de l'épisode

Notre entrevue audio (Podcast) avec Diane Guénette-Légaré dans lequel elle nous partage son parcours, ses victoires, ses blessures et ses entrainements aujourd’hui.

Dans cette entrevue nous avons parlé du parcours de Diane, comment son « ex-mari » Gilles l’a encouragé, comment elle est « tombée en pleine face » lors d’un événement, de la place des femmes dans la course à pied depuis les 40 dernières années, des commanditaires de Diane: (Medicus Sport, Physio-Extra et La Clinique Chiropratique Lacordaire) et qu’elle est entièrement satisfaite des ses cuissards « CW-X ».

Écoutez l’entrevue pour en connaître plus sur cette coureuse hors du commun.

Notes de l'épisode

Pour des raisons de droits d’auteurs je vous réfère à l’article de coup de pouce sur les étirements, la photo principale de l’article est l’étirement que Diane nous recommande, si nous ne pouvous qu’en faire une:
http://www.coupdepouce.com/sante-et-vitalite/forme/article/le-point-sur-l-etirement

Diane nous recommande le « Chi Gung » pour améliorer notre respiration abdominale et nos performances sportives, elle nous recommande surtout « d’écouter son corps » et de prendre du repos lorsqu’il le faut et bien plus encore.

Liens vers ses commanditaires:

Medicus Sport: https://medicus.ca/

La Clinique Chiropratique Lacordaire: http://chirolacordaire.com/fr/

Physio-Extra: https://physioextra.ca/

Liens vers le site « CW-X » la marque cuissard qu’elle endosse: https://cw-x.com/


Nos notes de recherche pour l'entrevue avec Diane Guénette-Légaré

SA VIE PERSONNELLE

Diane aime la course à pied, une passion qu’elle a découverte sur le tard.

Source : https://www.journaldemontreal.com/2017/10/11/des-records-et-une-course

 

Elle a couru auprès des grandes comme Jacqueline Gareau, puis l’autre génération avec Isabelle Ledroit et Myriam Grenon.

Source : https://www.journaldemontreal.com/2017/10/11/des-records-et-une-course

 

Diane est native de Montréal.

Sa principale source de motivation : son mari, Gilles Légaré, qui est éducateur physique et qui l’a entraîné en ski de fond et ensuite à la course à pied.

Source : http://www.courir.org/diane-legare-vu-par-whitelightning/

 

Son opinion sur l’évolution des femmes en course à pied : elle a constaté une recrudescence de la participation. À ses débuts, il n’y avait que 10% de femmes et aujourd’hui, on constate une participation des femmes à plus de 40%.

Ce qu’elle aime de la course à pied : l’amalgame de gens qui s’y trouvent sans aucun discernement social.

Source : http://www.courir.org/diane-legare-vu-par-whitelightning/

 

En 2005, elle a souffert du syndrome du compartiment. Sa jambe ressemblait à celle d’une poupée de cire ! « Je souffrais d’une nécrose des vaisseaux et depuis cet incident, il devient difficile de courir plus d’une heure »

Séparée depuis 12 ans, Diane Guénette est son nom de fille. Née à Montréal, elle se souvient lorsque son père qui courait, l’amenait au parc Lafontaine pour assister à des événements de course à pied.

Diane n’a pas d’enfant. Elle aurait voulu mais des problèmes d’ordre physique l’ont empêchée. « Je suis la mère de tous », enchaîne celle qui sans l’obtention de hautes performances, continuerait quand même à courir.

Parmi ses faits cocasses, disons qu’elle s’est déjà retrouvée à plat ventre lors du 15km à Utica aux États-Unis et que lors d’un 5km à Trois-Rivières, elle est venue en aide à un homme en difficulté suite à une chute ce qui l’a empêché de finir sa course !

Elle reconnaît que son corps encaisse péniblement la réalisation d’un marathon. Elle peine à s’asseoir après une telle distance. Elle ne croit plus qu’elle tentera l’expérience à nouveau.

Source : https://www.rds.ca/grand-club/billet/diane-l%C3%A9gar%C3%A9-on-ne-doit-pas-l-oublier-1.6110620

 

SON HISTOIRE

En 1983, elle a été recrutée par le club Les Vainqueurs pour la compétition Anjou Courons. Elle a aimé son expérience mais elle a confié qu’elle est fragile et que la piste de 400m du stade olympique était une surface dure. Elle a souvent été incommodée par des blessures.

Elle a participé à plusieurs Éditions de la rencontre des champions, la finale du circuit Loto Québec, de 1985 à 1990 avec Carole Rouillard, Odette Lapierre, Hélène Rochefort, Jacqueline Gareau et Cindy New.

Source : http://www.courir.org/diane-legare-vu-par-whitelightning/

 

Diane a fait un premier 5 km à 28 ans en 1979, sous les encouragements de son mari. Elle a terminé la course en 23 minutes et quelques. Il l’a incité à participer à un demi-marathon quelques semaines plus tard à Sorel-Tracy. Avec un temps de 1h38, et un podium.

Source : https://www.journaldemontreal.com/2017/10/11/des-records-et-une-course

 

À 46 ans, elle a abaissé son record personnel au 5 km à 17’08.

Source : https://www.journaldemontreal.com/2017/10/11/des-records-et-une-course

68e édition de la Classique du parc La Fontaine : Elle va courir dimanche le 15 OCTOBRE 2017 auprès de la nouvelle génération de femmes élites, dont Arianne Raby, qui pourrait bien passer sous la barre des 35 minutes. Diane se concentre depuis deux ans sur le 5 km, trouvant l’entraînement des plus grandes distances pénibles sur sa récupération. Son 10 km dimanche sera le premier de sa saison.

Source : https://www.journaldemontreal.com/2017/10/11/des-records-et-une-course

SES EXPLOITS

Elle a détenu le record canadien du 30km de 1994 à 2010
Source : http://www.ccrmsb.org/2010/04/26/un-record-canadien-pour-nathalie-goyer/

 

Son record personnel au 10 km est 10 minutes plus rapide : 35’38 à 36 ans.

La Fédération d’athlétisme du Québec lui a décerné le titre de la « meilleure coureuse au Québec ».

Ses records au 5 km, 5 miles (29’09), 15 km (55’12), 10 miles (1h01’08), 20 km (1h16’’49) perdurent, vingt ans plus tard, de même que celui au demi-marathon à 53 ans (1h22’08). Diane Légaré possède en fait 18 records canadiens toujours imbattus dont un mondial au 15 km dans le groupe d’âge 55-59 ans à 59’03.

Source : https://www.journaldemontreal.com/2017/10/11/des-records-et-une-course

 

RECORDS

En 1986, nommée athlète par excellence au championnat canadien des Maîtres au 1500 et 5000 mètres.

En 1994, athlète sur route par excellence, toutes catégories (Elle est âgée de 43 ans).

En 1997, d’après le magazine Running Times, 1ière chez les maîtres 45-49 ans

En 1999, 1ière au classement général au circuit provincial Sport-Expert.

5KM

-Record canadien 45 ans avec 17 :08

-Record canadien 55 ans avec 18 :46

-Record canadien 60 ans avec 19 :43

-Record canadien 65 ans avec 21 :15

5 Mile

-Record canadien 45 ans avec 29 :09

-Record canadien 50 ans avec 29 :28

-Record canadien 65 ans avec 35 :25

8KM

-Record canadien 50 ans avec 29 :28

-Record canadien 65 ans avec 35 :25

10KM

-Record canadien 50 ans avec 36 :30

-Record canadien 55ans avec 38 :50

-Record canadien 60 ans avec 41 :42

-Record canadien 65 ans avec 44 :50

15KM

-Record canadien 45 ans avec 55 :12

-Record canadien 50 ans avec 55 :51

-Record canadien et record mondial 55ans avec 59 :03

10 Mile

-Record canadien 45 ans avec 1 :01 :08

20KM

-Record canadien 45 ans avec 1 :16 :49

21.1KM

-Record canadien 45-49 ans de 1h19:03 réalisé en 2000, battu en 2017.

Source : https://www.rds.ca/grand-club/billet/diane-l%C3%A9gar%C3%A9-on-ne-doit-pas-l-oublier-1.6110620


Transcription de l'entrevue avec Diane Guénette-Légaré

Francis : Bonjour Diane! Merci premièrement d’être avec nous aujourd’hui pour l’entrevue. C’est vraiment apprécié.

Diane : Ça me fait plaisir!

Francis : J’ai lu sur Internet ton parcours qui est assez impressionnant et j’ai lu que tu as commencé tard. Toi, tu dis que c’est tard, 28 ans. Tu as été encouragée par ton mari Gilles à l’époque. Ce que j’aimerais, c’est que tu me racontes comment tu as commencé, comment ça s’est passé? Quelle est ta vision de la chose? Ton parcours?

Diane : Mon mari Gilles était professeur d’éducation physique. On faisait beaucoup de plein air. On faisait des descentes de rivière, on faisait de la randonnée pédestre. Gilles courait au début des années 70. Il m’a emmenée avec lui en disant « Viens donc courir! ». On faisait beaucoup de ski de fond alors à la fin de l’hiver, vers février ou mars, je me suis dit qu’on allait courir et qu’on allait se mettre en forme.

Deux mois après la première compétition, au mois de mai je pense, c’était la course du Parc olympique. C’était un 5 km. Je pense que j’ai fait 23 minutes. Je suis arrivée 7e ou 8e. Je me suis dit « Mon Dieu, 28 ans! ». Je ne sais pas ce que mon mari a pensé, mais en juin, il m’a fait faire un demi-marathon. J’avais couru quelques mois à peine, de mars à juin. Il faisait 96F dehors, c’était à Sorel-Tracy, en 1979. Il m’a dit de suivre toujours la même personne pour m’abriter du vent.

Francis : Il avait les techniques, il était habitué!

Diane : Il avait la technique, mais on n’avait pas de vêtements techniques. Je vais te dire, j’avais un petit chandail de coton auquel j’ai fait un petit nœud en avant. Il faisait tellement chaud! Ma mère était venue me voir, elle était sur le bord du trottoir. À chaque tour elle me disait « Tu n’es pas fatiguée Diane? ». J’avais chaud, mais je suivais toujours le même type. Je n’avais aucune notion du temps. C’était mon premier demi-marathon. Un moment donné Gilles m’a lancé une chaudière ou un petit pichet d’eau. J’ai fini la course 3e. Je monte sur le podium. Il y avait l’olympienne Lysanne Bussière de Régina Moldi, Louise Vogel en 2e place et moi 3e. Là, je n’en revenais pas : 1h38 et quelques secondes.

Francis : C’est de quoi faire rêver beaucoup de monde ça!

Diane : Moi, je n’avais pas de notion du temps. Ça, ça a été le coup d’envoi. En 1980 j’ai fait une compétition seulement. Je me demande si j’en ai fait d’autres en 1979 parce qu’on faisait beaucoup de canot. En 1980 et 1981, j’ai fait quelques compétitions. Ensuite on a fait un 10 km et j’ai fait, je pense, 42 minutes mon premier 10 km. À Anjou, j’ai fait un 10 km en 40 :23. C’est Jean-Yves Cloutier du Club des Vainqueurs qui m’a repêchée. J’ai été dans ce club au moins 6 ou 7 ans et je me suis améliorée. Alors après les 10 km, je les faisais en 38, 37, 36, 35 minutes et au Pichou je suis passée à 34 :28 au 10 km.

Francis : 34 :28, ça, c’est ton record à vie?

Diane : 34 :28 dans un 15 km. Mais la course des Pichous c’est en février. Il peut faire tellement beau une année, et d’autres années la température peut être exécrable. On part de Jonquière vers Chicoutimi. C’est une petite descente. Ça peut être glissant comme ça peut être beau. À 52 :58 en 1987, je suis arrivée 4e quand même. Il y avait Carole Rouillard, Odette Lapierre, Hélène Rochefort, toutes des olympiennes. Toi tu es trop jeune pour les connaître!

Francis : Oui, moi je n’ai pas connu la vieille gang.

Diane : Toi tu es né en 83. J’étais 4e. J’étais un petit peu déçue, mais contente de courir avec ces icônes-là.

Francis : Mais oui, ça doit être génial! Tu n’as jamais pensé participer aux Olympiques?

Diane : Non, je n’avais pas le standard.

Francis : Ça prend une certaine hauteur?

Diane : Oui, parce que vois-tu, je pense que c’est 32 minutes au 10 km. Après, j’ai pris un autre entraîneur. Gilles m’a coaché, mais des fois tu n’écoutes pas trop la famille.

Francis : On écoute plus les étrangers que sa propre famille, ça, c’est clair.

Diane : C’est mon médecin de famille, mais c’était un bon coureur. Il m’a dit « Diane, avec 52 minutes, tu devrais aller aux jeux du Commonwealth! ». Mais c’était trop d’entraînement. Mon corps ne le supportait pas. Mais c’est sûr qu’avoir commencé plus jeune, j’imagine que j’avais le talent.

Francis : Oui, parce que quand tu termines 3e à ta deuxième course, je pense qu’il y a un certain talent là-dedans. Dans ton parcours, quand as-tu réalisé que tu avais une passion pour la course? Je crois qu’on peut se dire que tu es passionnée.

Diane : Tout de suite. Tu sais, quand on est un petit peu bon, j’ai dit « Ben coudonc, je monte sur le podium… ». Je suis une fille gênée, une fille qui n’avait pas confiance en elle et c’est Gilles qui m’a donné confiance. Il disait toujours que j’étais capable. Quand tu montes sur un podium, tu te sens valorisée.

Francis : Ça donne un « ego booster ».

Diane : Ça donne un « ego booster » et ensuite de ça c’était toujours des podiums dans les trois premières. Alors là je me suis dit que j’avais un peu de talent. En 1986 déjà, vois-tu, j’étais avec les Vainqueurs en 1983, j’ai presque ouvert le club avec Jean-Yves. Lui, il l’a ouvert en 1982.

Francis : Ceux qui ne le savent pas, Jean-Yves Cloutier c’est un grand de la course qui écrit des livres, qui lui dit avoir vu trois générations de coureurs, qu’il a vraiment vu les trois vagues.

Diane : Mais oui, 30 ans!

Francis : Il parle beaucoup du futur.

Diane : Exactement. C’est un bon motivateur aussi. Alors moi, je n’aimais pas trop la piste. Quand tu cours un 10 000 mètres, 25 tours de piste… Je me souviens d’une petite anecdote : il fallait se classer à McGill, en 1985 environ. C’est maintenant le stade des Alouettes. J’avais un 10 km. Je pense que c’était en bas de 36 minutes pour aller au championnat canadien à Ottawa ou à Toronto. Il me semble que c’était à Toronto. À un moment donné, je divaguais. Je titubais, j’allais vers l’intérieur de la piste, j’étais trop fatiguée. Les gens m’encourageaient, mais j’avais fait 35 :52 alors j’avais eu le standard pour le championnat. En 1986, il y avait le championnat canadien des Maîtres à Sherbrooke et j’ai été nommée athlète par excellence au 1500 mètres et au 5000 mètres. J’avais 35 ans. Et là, tout s’en est suivi. Dans la même période, il y avait le championnat Loto-Québec. Ça, ça a commencé environ en 1980. Le président d’honneur c’était notre grand Gérard Côté qui a gagné 4 fois Boston. C’est un résident de Saint-Hyacinthe. Gérard était toujours là. Il y avait des standards. En 1985, je me suis dit que j’allais essayer. Je me suis essayée dans un demi-marathon à Trois-Rivières. Le standard était de 1h23. C’était hommes et femmes. Je ne l’avais pas eu. Je ne me souviens plus quel temps j’avais fait. Je ne sais pas pourquoi je ne me suis pas essayée dans le 10 km. Je crois que je n’étais pas assez forte, le 10 était en bas de 38 minutes et je faisais 40 minutes. Au mois de septembre, je suis allée à Saint-Jean-sur-Richelieu C’était 1h23. J’ai encore une petite anecdote. L’ordinateur commençait à sortir.

Francis : On parle de quelle année?

Diane : En 1985.

Francis : Ce n’était pas l’Internet. C’était des ordinateurs, des 286. La vieille technologie!

Diane : Je ne sais pas, c’était de grosses boîtes! Alors les 10 derniers km, le petit Bernard que l’on voit toujours en vélo au parc Maisonneuve, ça fait longtemps que je le connais. Il courrait. Il entre dans les rangs et il dit « Awaille Diane, suis-moi! Tu vas l’avoir! Regarde mes pieds, regarde mes jambes! ». Le standard était de 1h23. Il fallait que j’aille à la rencontre des champions. On était 12 femmes seulement au Québec, classées, et 35 hommes peut-être. C’était la crème. Je me souviens que pour les 200 derniers mètres, il y avait une petite montée vers le CÉGEP. Je l’entends encore « Pousse! », vraiment fort. « Pousse! » Là, je m’en viens toute croche : 1 :22 :52. Je me suis dit que je l’avais! On attend la remise des médailles. Ils mettent les médailles, 1 :23 :52. Non!

Francis : Ils avaient ajouté une minute.

Diane : Une minute. Je n’aurais pas chialé si ça n’avait pas été pour le standard. J’ai dit « Écoutez là, je l’ai le standard, j’ai des témoins, c’est 1 :22 :52 ». On est allés au bureau, on a regardé l’ordinateur, et j’avais raison.

Francis : Les courses étaient déjà chronométrées dans ces années-là, avec des chips sur le dossard. C’est ce que vous me dites?

Diane : Non, on n’avait pas de chips sur le dossard. Il y avait probablement un tapis. Non, on n’avait pas rien.

Francis : Comment le temps était pris dans ce temps-là?

Diane : Tu avais un chronomètre. Est-ce que c’était à la mitaine? Tu me demandes quelque chose là!

Francis : C’est quand même intéressant de savoir qu’en 1985/1986 il y avait déjà des ordinateurs.

Diane : Mais là il y avait un ordinateur parce que je suis entrée dans le bureau. Tu sais, j’avais travaillé pour. 8 secondes et ils me mettent 1 minute de plus, mais en fin de compte, je l’ai eu. Cette fois-là, on est allés à Hull. Les courses, tu en faisais plusieurs dans l’année. Admettons que j’avais fait Saint-Léonard, tu n’avais pas l’argent tout de suite. La première ou le premier, on avait 500$, le deuxième admettons 300$ ou 200$, les trois ou quatre premiers, quand tu avais le standard en bas de 38 minutes au 10 km. Ton argent, tu l’avais à la rencontre des champions au mois d’octobre. Alors là c’était un 20 km. Au début c’était 20 km. Il y en avait que parfois ils étaient blessés. Juste le fait d’être à la ligne de départ et de prendre le départ, ils avaient leur chèque pareil. Ils ne complétaient pas peut-être parce qu’ils étaient blessés.

Francis : On est à Loretteville, c’est ça?

Diane : Oui, on est à Loretteville.

Francis : Alors, à Loretteville, il y a une tente…

Diane : Je vais vous raconter une petite anecdote : moi je n’ai jamais abandonné une course et on avait un circuit de 20 km, c’est-à-dire qu’on faisait 4 fois 5 km, la boucle de 5 km, au championnat de Loto-Québec, et puis, j’avais des petites shorts très courtes et certains avaient courus avec des cuissards ou des collants… On se réchauffe et ensuite, on est longtemps dans la tente, on est présentés au public, je me refroidis, on part… LE premier tour, je me suis dit « Oh, oh! J’ai une petite douleur à la cuisse, aux quadriceps externes. » Deuxième tour, la douleur est encore plus intense, troisième tour, je n’aimais pas cela, mais j’ai continué. Je n’ai pas complété mon quatrième tour et je suis restée figée comme ça… Mon mari m’attendait et il remarque que je n’arrivais pas à la ligne d’arrivée… Finalement, l’ambulance est arrivée et ils m’ont transportée à la tente, mais je ne suis pas allée à l’hôpital. Vraiment, je ne pouvais pas courir… J’avais de grosses crampes.

Francis : Et est-ce qu’ils t’ont dit c’était quoi?

Diane : Non, c’était juste un refroidissement…

Francis : Ah, d’accord! Comme tu as dit, tu étais sous-habillée, il faisait froid, cela t’a donné une grosse crampe à la jambe.

Diane : C’est ça. Alors maintenant, je me protège! J’ai toujours avec moi des cuissards de compression, vu que j’ai des blessures aux ischio. Sans vouloir faire de publicité, le cuissard CWX est très bon pour les quadriceps et les ischio.

Francis : Si jamais il y en a qui nous écoutent, CWX… Contactez-moi, on aimerait bien avoir une paire de cuissards gratuits pour Diane Légaré!

Diane : C’est une bonne idée ça! Je pourrais demander une commandite, je les adore!

Francis : Oui, on va demander une commandite : Diane Légaré ne jure que par vos cuissards, donc appelez-nous! Je vais donner les coordonnées à la fin.

Diane : Mais les mollets de compression, j’adore aussi.

Francis : En passant, c’est correct de le dire, tu es commanditée par Médicus Sport.

Diane : Oui, ils font mes orthèses, je ne les paie pas.

Francis : C’est très généreux de la part, merci Médicus Sport, grâce à vous, on a une coureuse en santé avec nous toujours au parc, souriante et heureuse!

Donc, la blessure à Loretteville, c’est ta première blessure et la première course où tu n’as pas fini et après?

Diane : Ensuite, en 1991, je suis allée courir aux États-Unis. Il y a un voisin qui m’a dit qu’il y a une belle course, le Border Baker. Je me rends à cette course, je paie mon inscription, c’est un 15 km, assez difficile, des vallons et on monte dans un golf et c’est une bonne descente. Moi, j’avais en tête Bill Hargers, l’Américain, l’icône olympien dans le temps des années 80 qui était très fort et lui, il disait que quand il descendait, il plongeait presque tête première pour se donner de l’élan et pour dérouler les jambes! Parce que la plupart coureurs freinent dans les descentes, tu sais. Alors moi, je l’avais en tête, j’avais visualisé, je me suis penchée par avant, mais il ne faut pas trop se pencher par avant… Alors là, j’ai chuté! Comme une petite fille, à 2 ans! La tête première! Et on était en décembre, durant la compétition! J’entends la foule qui part « Aaaaaaah!!!! » et là, il y a une fille qui me passe, je me suis relevée un petit peu, elle passe… et je m’aperçois à la fin, aux résultats, lors de la remise, qu’elle était la première des quarante ans! J’aurais peut-être fini première aux quarante ans pour ma première course aux États-Unis, à Huitica.

Francis : Mais tu as quand même eu la deuxième place!

Diane : J’ai eu la deuxième place et quand ils m’ont présentée, ils ont dit « Who is this stranger ??? Canada? »

Francis : « From a foreign country… »… « Deep in the wood from Montreal… »

Diane : Et ensuite de ça, je me suis acheté l’annuaire, ils appellent ça un directory de toutes les courses aux États-Unis et internationales aussi. Alors je regarde, on a les montants d’argent, les distances, le nom de l’organisateur. Je choisissais toujours selon les dépenses : qu’est-ce qu’ils paient, s’ils donnent juste 200 $ et que ça me coûte 500 $, je n’irai pas! J’ai fait plusieurs courses aux États-Unis grâce à ce petit livre-là. Pour la plupart, j’appelle l’organisateur et parfois, il payait mon inscription, d’autres fois il payait l’avion et il payait toujours l’hôtel!

Francis : Ah, c’est intéressant ça! Et ces publications-là, est-ce qu’elles existent toujours, peut-être par Internet?

Diane : Oh là là, ça fait longtemps que je ne me suis pas procuré le petit annuaire-là, mais je pense que j’en ai une copie chez moi.

Francis : Ah oui? J’aimerais bien voir cela!

Diane : Oui, il a peut-être un pouce et demi d’épaisseur, mais aujourd’hui, c’est tout par Internet! Cet annuaire-là date de 1990!

Francis : Oui, on n’a plus besoin de cela… Mais à l’époque, c’est avec ça qu’on commençait. On s’inscrivait sur une liste et on le recevait par la poste.

Diane : Ça coûtait quand même 150 $!

Francis : Ah oui, il y avait déjà cette entreprise-là derrière ce directory des États-Unis, c’est vraiment intéressant!

Donc, c’est drôle, vous plantez en pleine face!

Diane : Oui, j’ai planté en pleine face! Ensuite, c’est à Rochester. Je regarde dans le directory, le record du 10 km, c’est 36:12 là-bas et j’avais déjà fait en bas de 36 pour 1 000 $ de bonus! Je me rends donc à cette course, commanditée par une grosse compagnie d’assurances et je fais 36:10 et je me dis que pour faire des records, il faut faire une plus grande marge et en fin de compte, ils ont dit qu’à leur chrono, c’était 36:13…

Francis : Grosso modo, ils vous ont rajouté un 2 secondes qui fait que vous n’avez pas battu le record.

Diane : Oui, sauf que le chrono quand je suis arrivée, c’était 36:10. Je me suis débattu un petit peu, mais rien à faire, on te donne 36:13. Alors je me suis dit « Ben coudonc! »

Francis : C’est un petit peu moins drôle, on va boycotter cette course-là…

Diane : J’ai de beaux souvenirs des courses aux États-Unis, quoi qu’il y a des belles courses aux Québec aussi!

Francis : Ah ça oui! Il n’y a pas de doute là-dessus, au Canada même!

Diane : Oui au Canada!

Francis : J’ai lu sur Internet que tu avais dit à un moment donné que tu avais hâte de vieillir pour avoir un meilleur classement dans le fond, de changer de groupe d’âge. J’aimerais que tu développes là-dessus un peu, parce que souvent, c’est le contraire, on n’a pas hâte de vieillir et quand on te voit à ton âge, en santé, c’est cool de savoir que tu as déjà eu hâte de vieillir… Ça nous inspire un peu!

Diane : Je pense que c’est après 40 ans… Quand on fait une compétition et qu’on est rendue la dernière de son groupe d’âge, à 44 ans, on se dit qu’on est peut-être moins forte que celles qui viennent d’avoir 40. Alors j’ai hâte d’avoir 45 ans et les années se sont suivies comme ça… Après, j’ai hâte d’avoir 50 ans… Mais ça va tellement vite la vie! Mais je pourrais dire qu’à 50 ans, j’étais très forte. À 46-47 ans, en fait, à 47 ans, j’ai fait mon 17:08 au 5 km et le record tient encore. Alors, je regarde en arrière et je me demande comment j’ai fait ça! Maintenant je ne suis pas capable de faire 1 km en bas de 3:30 ou même 4 minutes. Alors, comme je te dis, à 55 ans, j’avais hâte d’avoir 60… Mais là, non, j’ai changé d’idée!

Francis : On trouve la publication qui dit que tu as hâte de vieillir et on fait dire que maintenant, Diane elle veut rajeunir!

Diane : 70 ans dans 3 ans, dans 2 ans et demi, Francis! 70 ans!

Francis : La bonne nouvelle c’est qu’il va y avoir moins à combattre.

Diane : Oui, mais ça ne fait rien, c’est toujours le même effort. Aujourd’hui je fais 22 minutes au 5 km, c’est le même effort que le 17 minutes, j’arrive tout croche. Mais je voudrais mentionner quelque chose… Moi, je me suis beaucoup privée pour ma carrière de course… Tout était en fonction de ma carrière de course. Gilles, mon ex-époux, il m’a beaucoup aidée. Il aimait ça venir avec moi, il me disait : « On va-tu à telle place? 5 heures de route ici, 6 heures de route là. 7 heures. 10 heures. » Il aimait conduire et ça lui faisait plaisir, on aimait ça et tout était en fonction de ça. J’ai dit que je ne voyagerais pas à cause de ça, quoique j’ai fait de beaux voyages… Et là, on dirait que je suis rendue un peu ailleurs. L’année passée, j’ai fait deux compétitions. Cette année, j’en ai fait une et je vais peut-être en faire 3 ou 4. Si je veux, je vais faire un voyage et je me prive moins.

Francis : Tu ne te prives pas de voyager pour la course. Tu commences à vivre.

Diane : C’est ça. J’allais chercher un peu d’argent. Les bonnes années, je pouvais faire 6 000 $ – 7 000 $. Moi, j’étais à temps partiel, donc je n’avais pas un gros salaire.

Francis : Donc, pour te concentrer sur la course, tu as mis de côté ta carrière pécuniaire, si on peut dire ça comme ça, tu travaillais à temps partiel pour te consacrer sur la course. Aucun regret?

Diane : Non, je ne regrette pas! Je pense que c’était un bon équilibre. J’ai toujours voulu être infirmière, j’étais archiviste médicale, je voulais changer de cours, mais quand j’allais travailler, je me reposais physiquement, vu que j’étais assise, et je travaillais mentalement. Parce que je n’aurais pas pu courir et après être infirmière, courir à l’hôpital… Je pense que c’était un bon équilibre dans ma vie, je ne regrette rien… Il ne faut rien regretter. Le passé n’a pas d’avenir. J’ai fait une belle vie!

Francis : Si je reprends ma question, est-ce que tu donnerais ce conseil-là de, justement, quand on a une passion de s’arrêter et se dire qu’on n’a peut-être pas besoin de travailler tant que ça pour vivre notre passion. Souvent les gens font le contraire, ils se disent « Quand je vais être riche, je vais courir » ou « Quand je vais être riche, je vais faire ci » et ils passent leur vie à attendre après la richesse qui n’arrivera peut-être pas ou qui vont simplement, par peur de faire d’autre chose, vont monter ??? et vont se faire « Quand je vais avoir X mille $, je vais faire de la course » et quand ils arrivent à X mille $, ils disent qu’ils ont besoin de X mille $ fois deux.

Diane : Ou certains se disent « Je le ferai plus tard », ils oublient que ce qui est important, c’est le moment présent. Si tu peux le faire, fais-le donc.

Francis : Tu es jeune, tu es santé, c’est le temps de le faire!

Diane : Réalise tes rêves! Moi je n’ai pas eu d’enfants, je ne peux parler, mais ceux qui en ont, ils mettent tout sur leurs enfants, la sécurité des enfants, on va faire des choses avec les enfants, on ramasse de l’argent pour… c’est normal. Mais je pense que les jeunes ont une autre philosophie aujourd’hui. Ils travaillent, on est en famille. Mais, moi j’ai travaillé, mais mes enfants vont travailler et ils s’en ramasseront. Ils feront leur vie. Et on n’en a pas besoin de tant que ça, de l’argent!

Francis : On se crée des besoins souvent, je pense. C’est souvent la chose à retenir de ça, comme ils disent, plus qu’on en a, plus qu’on en dépense.

Diane : Moi je mène une vie très ordinaire, je ne change pas mes affaires à tout bout de champ, il y a moyen de s’habiller pour pas cher…

Francis : Tu me donneras tes trucs!

Diane : Ça ne me coûte pas cher!

Francis : Je vais avoir ma styliste! Tu viendras habiller mes enfants aussi!

On arrive au moment où je voulais parler avec toi de la place des femmes dans la course. Vu que ça fait quand même presque quatre décennies que tu cours, j’aimerais avoir ta vision – on le sait, c’est documenté, qu’au début même, une Canadienne qui avait fait marathon et elle s’était fait tirer dehors parce que c’était une femme, dans les années 50, après la guerre. Les gars la poussaient en dehors parce qu’ils lui disaient qu’elle n’avait pas d’affaire là.

Diane : Oui, mais il y a eu Catherine ???, l’Américaine. C’est elle qui s’est inscrite à Boston en 67, il n’y avait pas de femmes. Les femmes n’étaient pas assez fortes pour courir le marathon

Francis : En 67, on parle juste d’il y a 50 ans! Toi, tu as commencé 10-12 ans plus tard. Ça ressemblait à quoi, 12 ans plus tard?

Diane : Il n’y avait pas beaucoup de femmes, je dois dire! Je parlais du championnat de Loto-Québec, on était 12 femmes à se classer, 12 femmes! Maintenant, des filles, il y en a plus qui se classent en bas de 40 minutes, qui font le standard. Non, il n’y avait pas beaucoup de femmes. C’est sûr qu’on en voyait moins aussi dans les courses, il n’y avait pas… Aujourd’hui tu peux avoir 1 000, regarde combien est-ce qu’il y en a à Ottawa, à Montréal, combien on est!

Francis : Ah oui, c’est quasiment 50/50.

Diane : Combien de coureurs dans la masse, c’est peut-être 20 000, dans toutes les épreuves… Tu ne voyais pas ça dans ce temps-là.

Francis : Dans ce temps-là, c’était plus un cercle.

Diane : C’était moins ???, là je parle des années 60-70, quelqu’un courait et on se disait « Méchant malade! », comme Marcel Jobin, le marcheur en pyjama qui l’appelait… Ça, c’est dans les années fin 60. Non, il y en avait moins, ça, c’est sûr. Aujourd’hui, il y en a partout des coureurs. Il y en a bien plus des compétitions! Il n’y avait pas autant dans le temps.

Francis : C’est sûr que l’entreprise, la business de la course a augmenté…

Diane : Et là, les femmes, ben c’est sûr… Et regarde toutes les publicités de mise en forme qui se fait… C’est sûr que les femmes… C’est pas juste pour les hommes!

Francis : À l’époque, disons en 79, est-ce que tu sentais une pression, est-ce que tu étais mal vue parce que tu étais une femme, quand tu t’inscrivais? Est-ce qu’il y avait un peu la vision, comme tu disais, vous étiez 12 femmes à vous classer, y avait-il un peu de sexisme, des gens qui tenaient des propos?

Diane : Non, pas du tout.

Francis : Donc c’était quand même passé, ce n’était plus Boston en 67, on pousse la femme en dehors.

Diane : Non, c’était quand même 13-15 ans plus tard.

Francis : Vous étiez quand même acceptées, même aux États-Unis?

Diane : Ah oui, ce n’étaient pas le marathon. Les femmes couraient aux États-Unis, mais plus sur des courtes distances. Pour les marathons, la femme n’était pas assez forte.

Francis : C’est ça, c’était le marathon.

Diane : Oui et moi je ne courais pas le marathon. Je n’ai pas ressenti ça. Il y avait moins de publicités sur la santé et tout ça. Aujourd’hui, toute cette publicité qui se fait… Prenez soin de vous…

Francis : À l’époque, on fumait?

Diane : Mais oui on fumait, tout le monde fumait!

Francis : Il y avait des stands avec des cigarettes au lieu de bouteilles d’eau.

Diane : Exactement! C’est une autre époque.

Francis : Je comprends! Est-ce que tu penses – on s’entend qu’aujourd’hui, les femmes sont à peu près 40%-50% des coureurs, dépendamment des courses, il y a même des courses exclusives aux femmes – selon ta vision, qu’est-ce que les femmes ont apporté à la course, au sport? Qu’ont-elles fait pour le sport, qui fait qu’aujourd’hui, il y a autant de femmes?

Diane : Une ouverture d’esprit! Les mamans se sont aperçues que lorsqu’elles sont plus en forme, elles le sont aussi plus avec leurs enfants.

Francis : Plus heureuses!

Diane : Oui, plus heureuses! Plus heureuses en famille aussi. Ce n’est plus la femme qui est confinée, on n’est plus en 1940 où le mari va travailler et la femme reste à la maison… C’est l’émancipation de la femme en tout point, je pense.

Francis : Dans le fond, toi tu penses que les femmes dans la course ont apporté à la société et non le contraire, les femmes n’ont pas apporté quelque chose à la course, mais la course a apporté quelque chose aux femmes.

Diane : Oui!

Francis : C’est vraiment intéressant et je partage ton opinion, quand on s’entraîne, quand on court, c’est clair que la vie est plus facile, on est plus heureux, nos relations, tout y gagne!

Diane : Tu sais l’humoriste Geneviève Gagnon et le livre qu’elle a sorti « Cours Toutoune », c’est-tu bon ça! C’est super!

Francis : Ah oui, c’est super, c’est inspirant!

Diane : J’en vois des madame, elles ne sont pas gênées, je les encourage! C’est beau, madame! On se croise pis regarde, c’est bon!

Francis : Pour ceux qui n’ont jamais vu ou croisé Diane, elle n’encourage pas juste les toutounes, elle encourage totos comme moi aussi! Elle encourage tout le monde, elle est super!

Diane : Même en vélo!

Francis : Oui même en vélo, elle est super encourageante, c’est vraiment une femme super! Quand on court et qu’elle nous croise, elle nous demande c’est quoi nos objectifs, c’est quoi notre prochain…

Diane : Ah oui, je t’avais demandé ça hein, sans savoir que c’était toi!

Francis : Elle encourage tout le monde et c’est le fun de l’avoir quand on court… Une petite parenthèse sur Diane qui court!

Diane : Bien merci beaucoup!

Francis : Je voulais arriver à notre petit point tournant dans le fond, qui était les blessures dans le sport. Malheureusement, comme on le sait, pas mal tous les coureurs vont se blesser à un moment donné ou l’autre… Ne vous découragez pas à commencer à cause de ça, ça fait partie un petit peu de la « game », chanceux ceux qui ne se blessent pas… Je vais toucher du bois, ça fait déjà quelques années sans blessures de mon côté, mon entraîneur me suit de proche pour ça… C’est sûr, comme je disais, c’est une partie de la course que malheureusement, on a à vivre avec, et en faisant mes recherches, j’ai vu qu’en 2005, tu as eu le syndrome du compartiment. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, je ne savais pas c’était quoi avant de faire ma recherche, donc je suis allé voir c’était quoi, je fais une vulgarisation parce que je ne suis pas un médecin… Grosso modo, un compartiment c’est un groupe de muscles, de vaisseaux et de nerfs qui sont pris ensemble. On a une membrane qui va par-dessus ça, le fascia, qui enveloppe le muscle, mais c’est comme un plat tupperware solide qui contient les muscles, il est plus solide, le fascia, que le reste et il moins flexible pour tenir justement ensemble. On a ça un petit peu partout sur le corps, les fesses, les jambes, les bras…

Diane : Oui, les pieds. Des fois, on va dire « On fait une fascite ». Bien c’est ça, c’est l’enveloppe du muscle et ce sont les vaisseaux qui sont entre les muscles et l’enveloppe qui grossissent, mais ça s’est comme nécrosé, ils sont venus comme morts, mais ils grossissent. Donc l’enveloppe aussi. Il aurait fallu qu’au début, parce que j’ai eu de l’enflure, il aurait fallu qu’ils fassent une petite incision sur l’enveloppe pour donne de l’expansion, mais quand j’ai passé la radiographie, il était trop tard, ils ont dit que le mal était passé comme on dit, mais ça a pris un mois… Moi, j’ai eu beaucoup de fractures de stress avant, pourquoi fractures de stress?

Francis : Qu’est-ce qu’une fracture de stress? On va commencer par le début.

Diane : C’est un surentraînement sur l’os, moi c’était toujours sur le péroné externe, sur la jambe gauche, moi toutes les blessures, c’est sur le côté gauche et j’ai encore des séquelles sur le côté gauche. Alors, tu es surentraîné et tu te dis que ça fait mal un peu petit, c’est peut-être juste une petite tendinite, je vais mettre de glace en arrivant, je vais prendre des Advils. On sait, je pense, que tous ceux qui vont m’écouter vont se dire « Bin oui, on pense que ça va passer ». J’ai mon entraînement, mon entraîneur ne sera pas content, il faut que je fasse ceci et on est obligé de faire notre entraînement, on le suit, et on va continuer et on persiste, mais là ça fait encore plus mal, il y a plus de douleurs… Et à un moment donné, la périostite, elle se change en fracture de stress. Ce n’est pas une fracture de chute, mais c’est une petite fêlure sur l’os. Ce n’est même pas à la radiographie, c’est la scintigraphie ou scan qui voit ça, une résonance magnétique. Alors, ils voient la fracture de stress et ensuite, c’est 8 semaines de repos.

Francis : Huit semaines de repos…

Diane : Oui, normalement, ils te disent de marcher avec béquilles, mais moi je ne marchais pas avec des béquilles. Alors, mon syndrome de compartiment, c’est ça. Étant donné que je marche vite, j’étais vite sur les béquilles, des fois je tombais, les deux petits caoutchoucs partaient, je tombais sur le prélart de la cuisine, dans le temps où j’en avais un… C’est au moins deux mois… Tu prends ton mal en patience, tu fais un peu de vélo sur place… J’ai eu ça peut-être 5 fois.

Francis : Et quand on t’apprend ça, Diane la coureuse, comme tu te sens?

Diane : Frustration, déception, tristesse… À 100%.

Francis : Des fois, on vient de « scraper » notre fin de saison, surtout si on est arrêté deux mois, ça arrive en août, il nous restait quand même septembre et octobre.

Diane : Oui, ça m’est arrivé l’été. Tu « peakais » pour telle compétition, et là tu te dis « Non, pas cette année ». Et de fois, ça se répétait. Les chaussures, admettons que je faisais que je faisais de la piste à ce moment-là, moi j’ai eu des chaussures très, très légères… Tu sais, entre 3 onces et 4 onces… Le minimalisme n’existait pas dans ce temps-là, on n’en parlait pas. On ne parlait pas de hauteur, de 8 mm et de 10 mm. Aujourd’hui, c’est compliqué! Des fois je me dis « C’est quoi ces affaires-là? ». Moi j’ai porté des orthèses au début, alors les minimalistes, ça ne serait pas du tout pas moi et j’aime ça quand c’est moelleux, tu sais quand c’est comme un nuage.

Francis : Avec quoi tu cours?

Diane : Je peux le dire, j’aime beaucoup les Asics Nimbus, c’est vraiment comme un nuage. J’ai été avec Socoli, j’ai eu une commandite avec eux pendant 15 ans, après j’ai eu une autre marque, ???, Fila, puis maintenant j’achète les Nimbus, je les adore! Il faut que je sente l’absorption. Il y a d’autres chaussures où tu sens le sol, comme si tu courais nus pieds, je n’aime pas ça. Je suis fragile… Il y en a qui depuis qu’ils sont tout-petits qui marchent nus pieds, moi je n’ai jamais marché nus pieds à la maison, j’avais toujours mes pantoufles ou mes chaussures, alors je ne suis pas habituée.

Francis : C’est ça, c’est une question d’habitude.

Diane : J’en ai vu l’autre jour, tu sais avec les orteils? Je lui ai dit « Vous êtes donc ben bon Monsieur! »

Francis : On dirait des chaussettes!

Diane : Oui! C’est comme si tu étais pieds nus. Il me disait qu’il court des demi-marathons comme ça, sinon je me blesse avec des souliers. Mais si je fais une parenthèse, est-ce que tu sais pourquoi les Kenyans courent nus pieds? Tu sais, il y a eu ??? qui courait pieds nus ici à Montréal, dans les années 70? C’est parce que les Kenyans ont le tendon d’Achille très long, alors le tendon peut absorber le choc. Nous, notre tendon d’Achille est court, morphologiquement. Alors, ce n’est pas pareil.

Francis : C’est Jean-François Harvey, l’ostéopathe qui est allé là-bas justement les examiner et c’est ce qu’il disait. Son livre est très bon d’ailleurs et c’était intéressant, il parlait justement de la physionomie de ces gens-là, c’est génétique, ils naissent comme ça. Ils ont un corps fait pour courir, parce que nous en Amérique du Nord, on est plus costaud, on est plus court…

Diane : Et eux sont en montagne, ils ont beaucoup d’oxygène dans le sang. Ils naissent et ils partent à courir!

Francis : C’est super intéressant et merci pour les Nimbus, s’il y a des gens qui aiment ça, c’est un modèle à regarder.

Diane : Ça dépend de la morphologie du pied, il y en a qui ne sont pas capables du tout et c’est bon de changer de marque, tu sais, parce que le pied s’habitue. Et n’attendez pas qu’il y ait des trous dans vos semelles! Non, non, non! Moi, je suis légère, je pèse 110 lbs et je fais 850 km avec mes chaussures et je le sens! Alors quelqu’un de plus pesant, qui fait 1 500 km ou 2 000 km… Il faut varier le terrain. Moi, je cours sur la poussière de roche.

Francis : Pour éviter ça! Bon conseil, je pense que je suis dû. Mes chaussures d’automne ont pas mal plus que 850 km! Mais je n’ai pas de trous encore, c’est la bonne nouvelle. Mais j’ai moins d’adhérence.

Diane : On en parlera tantôt, il y a souvent des spéciaux dans les magasins.

Francis : C’est vrai, tu as dit que tu allais me donner des trucs pour économiser! Alors, dans le fond, si je reviens un peu à ta blessure, ça t’est arrivé et tu étais triste, tu étais déçue, parce que tu ne finis pas ta saison, c’est un peu un sentiment d’échec, grosso modo, on peut décrire ça comme ça. Comment tu surmontes ça? Tu m’as dit que ça t’est arrivé 5 fois. Dans quel état esprit tu te retrouves? À quoi tu penses, à quoi tu te rattaches dans ce temps-là?

Diane : Je savais que ça passerait. Ce n’est pas la fin et je me disais « Diane, 2 mois dans une vie, ce n’est rien. 8 semaines, ce n’est rien! ». J’encourage des fois les copines et elles me disent parfois qu’elles sont découragées et moi je leur dis « Un mois, qu’est-ce que c’est un mois? Prends-le et tu vas revenir plus forte. » Je savais que je n’avais pas les deux jambes coupées! Et au pire, j’aurais été aux para-olympiques, pourquoi pas!

Francis : Ça, j’aime ça!

Diane : Il y a toujours des alternatives!

Francis : Oui, souvent on se donne des raisons et là on arrive à un certain niveau, je me projette un petit peu là-dedans… Tu sais, on arrive à un certain niveau, on se blesse, on manque notre saison… C’est sûr que ça peut être difficile de se dire qu’on recommence à la saison prochaine, là tu as perdu ton cardio, tu as perdu ton momentum… Tu as un souvenir de blessure en plus…

Diane : Je n’engraissais pas par exemple, je faisais attention. Je mange beaucoup, en plus on dirait que je mange plus quand je cours, je dépense plus de calories. Mais je mangeais un petit moins.

Francis : Tu faisais attention… Et c’est quoi la chose que les gens ne réalisent pas à propos des blessures de course?

Diane : Comme je disais tantôt, les gens vont persister peut-être sur une blessure, en se disant que ça va passer, mais ça ne passe pas…

Francis : Il faut prendre ça en main le plus tôt possible, ne pas laisser traîner.

Diane : Il faut écouter son corps, ça, c’est la chose la plus primordiale. Tu écoutes ton corps et si mettons tu sens une petite affaire, moi je me dis, le lendemain, je n’y vais pas. Je n’irai pas pendant deux jours, ce n’est pas la mort d’un homme! Et là, hop, deux jours plus tard, on dirait que ça va mieux. Moi je cours 5 jours par semaine, j’ai toujours fait ça. Lundi et vendredi, je ne cours pas. Ça dépend, si c’est l’hiver et qu’il y a une tempête et que c’est beau le lundi et qu’ils annoncent une tempête le lendemain, je vais courir le lundi, je m’ajuste avec la température. Quand j’avais un entraînement, des fois, c’était tous les jours. J’aimais plus ou moins ça. J’aimais ça, parce que j’étais encadrée, mais je me disais « Ah non, j’ai ça à faire aujourd’hui et je suis fatiguée, j’ai mal dormi… ». Je me sentais coupable de pas le faire, ça ne me tentait pas. Maintenant, j’y vais au feeling et j’écoute mon corps, au risque de me répéter. Je fais juste des petits intervalles. Après 50 ans, je cours autour de 55 minutes par jour, jamais plus d’une heure.

Francis : Ok, tes entraînements sont d’une heure.

Diane : Oui, entre 45 et 50 km par semaine. Le lundi et vendredi, je ne cours pas. Le repos fait partie de l’entraînement. Je répète : ça fait partie de l’entraînement!

Francis : C’est aussi, sinon plus important! Mais il ne faut pas le prendre au premier degré, pas juste se reposer, parce qu’après on ne court plus.

Diane : Ah non! Une journée de repos et le lendemain, vous allez voir que vous êtes plus fort déjà, reposé.

Francis : Oui, même les semaines de vacances, moi je remarque quand je reviens d’une semaine de vacances, j’ai l’impression que je vais être faible et que tu n’as pas d’énergie…

Diane : Oui, tu voles!

Francis : Oui c’est ça, tu voles! Tu te sens plus léger…

Diane : Mais est-ce que c’est planifié ton repos durant les vacances?

Francis : Oui exactement, quand je prends des vacances, je planifie d’arrêter, c’est ma façon de fonctionner. Souvent aussi après un gros événement, je vais prendre quelques jours. Je sens que j’ai toujours un petit peu la crainte de je vais revenir et je vais pomper l’huile, comme on dit en bon québécois.

Diane : Oui, mais on ne parle pas d’un arrêt d’un an là! C’est une semaine!

Francis : Exactement et quand on recommence, c’est comme wow!

Diane : Oui, bien manger, bien dormir. C’est un régime de vie.

Francis : Oui, la course c’est en plein ça, c’est l’objectif.

Diane : Je trouve que c’est moins chauvin qu’en vélo, tu sais en vélo des fois, tu as un beau petit kit et des fois, le gars passe à côté de toi et il ne regarde même pas. En course à pied, on dirait que le monde est plus gentil, tout le monde est positif.

Francis : Oui, tout le monde nous salue, tout le monde est content d’être là. Il y en a juste deux-trois qui… s’ils nous écoutent, mettez-vous un sourire!

Diane : Ou alors ils ont leur musique dans les oreilles, tu veux leur dire bonjour, mais ils ne t’entendent pas. Ils sont dans leur bulle.

Francis : Oui c’est ça, ils sont juste concentrés des fois aussi, par exemple quand on change de vitesse.

Diane : Oui ça m’arrive aussi des fois, c’est parce que je pense à d’autres choses.

Francis : Je ne le prendrai pas personnel!

Diane : On règle souvent des problèmes en courant, tu as remarqué?

Francis : Oui, souvent on part avec un problème et on revient avec une solution. C’est génial! Maintenant, c’est l’heure de la question « Back to the future! »

Diane : La question qui tue?

Francis : C’est le même principe! J’ai une DeLorean dans mon garage qui me permet de voyager dans le temps, on peut juste aller voir Diane la coureuse. Alors ma question est la suivante : quand est-ce qu’on retourne la voir? Ça peut être un âge, une année. Et qu’est-ce qu’on lui dit? Quel conseil tu lui donnes à cette Diane-là?

Diane : C’est dans le futur ou dans le passé, cette question-là?

Francis : Dans le passé, comme dans le film Back to the Future.

Diane : Si je regarde toutes les blessures que j’ai eues, je ne veux pas me répéter, mais je me dirais « Diane, prends donc du repos. Écoute ton corps. » Si vous écoutez votre corps, tout va bien aller.

Francis : Et ça, tu retournerais au jour 1, en 1979, quand tu commences?

Diane : Ah, mais non, quand j’ai commencé, je n’avais pas de blessure et je courais moins vite. Je dirais aussi d’écouter son entraîneur, d’être discipliné aussi.

Francis : De la discipline… Donc on s’écoute soi en premier, c’est le plus important, et ensuite on écoute son entraîneur.

Diane : Si tu veux réussir! Il y en a qui ne court pas comme ça. C’est comme Monsieur Chose qui m’a interviewée, je ne comprends pas, il court des marathons et il m’a dit « Non Diane, je ne marque rien, j’y vais comme le vent me pousse ». Moi, je marquais tout, c’est drôle! Mes premières compétitions, c’était une ligne : la date, la distance, le temps, où c’était. Aujourd’hui, c’est presque une page! Chaque compétition, c’est une page!

Francis : Chaque kilomètre est marqué, tout le kit!

Diane : C’est ça… La température, qu’est-ce que je portais, quels souliers, qu’est-ce que j’ai mangé…

Francis : C’est parce qu’on a peur d’oublier! Plus on vieillit, plus on se rend compte que la mémoire est une faculté qui oublie et on a juste peur d’oublier…

Diane : Oui, mais je me réfère toujours à l’année d’avant parce que là, je ne mange plus, je suis trop nerveuse, c’est fou, non? Ça fait peut-être 500 compétitions que je fais et je vomis avant de partir. Alors là, la semaine passée, quand j’ai couru, je n’ai pas mangé, je pense, pas avant 9h. Pas besoin, je mange bien la veille… Une cuillère de miel, ou je mangeais des fruits, mais plus là…

Francis : Justement, c’est quoi ton avis là-dessus, tant qu’à être là-dedans, est-ce que tu déjeunes avant d’aller d’entraîner, je sais que tu t’entraînes le matin, juste pour mettre en contexte, est-ce que tu es de celles qui prennent un bon déjeuner avant de partir?

Diane : Avant, je mangeais des fruits et quand je partais, on dirait que je pesais deux tonnes. Et là ils disent que pour maigrir, il faut regarder le ventre. Et là, j’ai un petit pouce sur l’abdomen, j’étais comme la table… Et là, en vieillissant… Si tu ne manges pas et que tu veux maigrir, tu embarques sur tes graisses de la veille. Donc, je me dis que j’y vais pour un 10 km, sans manger, peut-être une petite grappe de raisins et elle passe très bien, parce que les fruits se digèrent dans les intestins, pas dans l’estomac. Avant, c’était 3-4 fruits, mais c’était trop. Et là, depuis quelques mois, je ne mange pas et ça va bien. Mais au retour par exemple, il faut manger dans la demi-heure qui suit. Je prends une poudre de récupération.

Francis : Il y a deux écoles de pensée qui s’affrontent, c’est un peu les deux pôles. Il y en a qui disent que tu tombes à brûler du muscle quand tu ne manges pas et les autres disent qu’au contraire, parlent des bienfaits. Dont le mur, à ce que j’ai entendu, dans les longues distances, c’est parce que ton corps n’est pas habitué à venir chercher dans tes graisses. Donc, quand tu t’entraînes le ventre vide, automatiquement ton corps s’habitue à aller chercher son énergie dans les graisses, donc ça facilite quand tu tombes dans les plus longues distances, ton corps ne va pas juste brûler du sucre, ce qu’il y a dans l’intestin et dans l’estomac, il va être habitué de brûler des graisses, donc tu ne sentiras pas cet effet-là du mur. C’est une autre école de pensée, à laquelle j’adhère. Moi non plus je ne mange pas avant. Quand je mange, j’ai de la misère à courir.

Diane : Oui, mais c’est pour un marathon. Si tu fais un marathon, il faut manger le matin.

Francis : Oui, même pour les demis, je mange avant, j’ai assez de temps avant.

Diane : Tu manges assez tôt, du pain…

Francis : Pour être à la mode, j’ai une intolérance au gluten, comme bien du monde, donc je ne mange pas de pain, mais je vais manger des œufs, des bananes, un café…

Diane : Des œufs? C’est dur à digérer, c’est gras! Des bananes aussi?

Francis : Oui, ça passe très bien. Comme à Ottawa, il y avait un petit déjeuner, c’était inclus. Je pense que j’ai mangé du bacon et ???.

Diane : Bin voyons Francis, tu t’aides pas là! C’est de la graisse!

Francis : C’est sûr que tu le manges deux heures d’avance…

Diane : Je ne sais pas comment tu fais!

Francis : Je me lève un peu plus tôt…

Diane : Essaie de ne pas manger ça et tu vas courir plus vite!

Francis : Les bananes fonctionnent bien, j’avais un entraîneur et lui ne voulait pas que je m’entraîne à jeun et il me faisait prendre une banane, du jus de pomme, des amandes… C’était comme mon mix à moi. Chacun sa recette! On a tous un corps différent, je pense que tous les corps digèrent de façon différente, ce qui est dur pour quelqu’un, ne l’est pas nécessairement pour une autre personne.

Diane : Oui, c’est sûr. Il y avait des filles aux États qui mangeaient des Power Bar sur la ligne de départ! Moi j’aurais vomi ça là!

Francis : Ah oui, juste à regarder l’étiquette, t’as le goût de… Donc on dit Diane, d’écouter son corps et d’être discipliné. C’est déjà l’heure de nos questions intervalles, pour faire un rappel avec la course. As-tu une ressource, juste pour mettre en contexte, les questions intervalles, ce sont des réponses courtes, one ne s’étend pas sur le sujet.

Diane : Juste un mot?

Francis : Non, pas juste un mot, tu es quand même libre de parler plus, l’idée c’est de donner un petit peu d’information aux auditeurs. Donc, as-tu une ressource que tu recommanderais, ça peut être un livre, une application, un site web, une vidéo, n’importe quoi, même si ce n’est pas lié à la course, qui t’aide dans ta vie, quelque chose que tu aimes?

Diane : Bien moi je fais du Qi Gong et là-dedans, il y a 8 mouvements. Je ne les fais pas tous les jours, il faudrait que je le fasse, c’est une sorte de Tai Chi. Il y a 85 sortes de respirations abdominales, c’est très important de respirer par l’abdomen. Les gens souvent ne savent pas comment respirer. Des fois, si tu me vois dans le parc, je fais des mouvements…

Francis : Oui, pour ceux qui ne nous voient pas, on dirait du yoga.

Diane : Oui, le Qi Gong, c’est une sorte de Tai Chi. Je le faisais et il y a 2-3 ans, il y a un couple chinois qui passe et le Monsieur avait l’air bien austère et sérieux et je l’ai comme apprivoisé. Je lui ai dit « Ni Hao », ça veut dire « Bonjour ». À un moment donné, je faisais mes mouvements avec un copain, on était au parc sur un vallon et le Chinois s’arrête, mais il ne parlait pas. Au début, je pensais qu’il ne demeurait ici, il parlait juste chinois. Mais là, il a corrigé mes mouvements et il était très minutieux. Finalement, j’ai su qu’il était en vacances ici, parce qu’il y a un autre Monsieur qui passe et qui parlait chinois et il a servi d’interprète. Donc c’est ça, je fais ces 8 mouvements-là, les 8 trésors. Ça me prend 15 minutes! Ce ne sont pas 108 mouvements, ça fait mon affaire. Il y a autre chose que je veux aller voir sur Internet, ça s’appelle le Dao Yin, c’est mon mari qui m’a écrit pour me dire qu’il y a des cours qui se donnent. Je regarde sur Internet, il y a 12 mouvements dans le Dao Yin. Alors je me suis dit que j’allais l’apprendre sur Internet, au lieu de payer 150 $.

Francis : C’est vrai qu’il y a beaucoup de ressources en ligne, il y a tout ce qu’on veut.

Diane : Bien respirer, ça nous aide beaucoup.

Francis : Justement, il y a plusieurs articles qui disent que les coureurs, ça les aide justement, parce qu’ils se concentrent sur leur respiration, sans le vouloir. Quand on court, veut veut pas, on devient essoufflé, donc là on se concentre plus.

Diane : Oui, c’est difficile courir et respirer abdominalement. C’est pas évident.

Francis : Il y a même une statistique, je pense que c’est 85 % des gens retiennent leur souffle, ne respire tout simplement pas. On va le voir, ils vont parler et à un moment donné, ils cherchent leur souffle. Ils respirent de la poitrine, du haut, et ne réussissent pas à aller chercher l’air nécessaire.

Diane : C’est ça, le gens ne savent pas respirer. Respirez par le nez!

Francis : Oui, c’est en plein ça! Allez faire du Qi Gong! Ceux qui veulent s’intéresser à ça, est-ce qu’il y a des cours spécifiques?

Diane : Oui, c’est sûr qu’il se donne des cours. Moi, je connais juste la base, mais il y a un livre sur le Qi Gong, alors s’il y en a qui veulent suivre des cours, c’est possible. Mais il y en a d’autres qui vont aimer faire du yoga aussi. À chaque fois que j’arrive de ma course, il y a des exercices que j’ai enregistrés à la télévision, mais maintenant je les connais par cœur, c’est un bon étirement : tu te couches sur le dos et tu lèves les jambes en l’air, tu prends ton pied. C’est bon pour les ischio. C’est un bon exercice à faire! Vas-tu le faire?

Francis : Oui, il y a celui aussi où tu fais le chien : tu te mets à 4 pattes et tu fais un « V » avec ton corps. On va prendre une photo et on va le mettre en ligne.

Diane : Si vous êtes sur une île déserte et que vous avez juste un exercice à faire, faites celui-là, il est très efficace! On garde la pose 30 secondes, 1 minute et ça étire toute la chaîne musculaire.

Francis : C’est intéressant, je vais faire ça, parce que je ne m’étire pas assez.

Diane : C’est très important je voudrais juste ajouter quelque chose : courir 5 minutes de moins et s’étirer 5 minutes de plus.

Francis : Je vais prendre ton conseil et je vais t’écouter! Je me fais beaucoup chicaner là-dessus justement, même les gens me le disent… On parlait de Chinois tantôt, il y a un dépanneur où le Monsieur est chinois et chaque fois que ma blonde y va, il lui dit « Dis à ton chum qu’il s’étire! ».

Diane : Ah oui, tu es raide?

Francis : Oui, j’imagine qu’il le voit.

Diane : Tu marches en canard peut-être?

Francis : Oui, c’est ça. Il le voit dans ma posture, mais il ne me le dit pas à moi, mais il le dit à ma blonde! Je vais aller le Qi Gong.

Diane : Oui, juste un peu, après chaque entraînement.

Francis : On va faire une séance avec Diane, prochaine entrevue, on va faire un cours en ligne!

Diane : Est-ce que c’est ton seul sport, la course à pied? Tu n’es pas de vélo? Ou nager aussi. Tu sais, c’est bon changer.

Francis : Oui, c’est mon seul sport. J’ai l’intérêt, en fait je pars d’un background où j’étais très sédentaire, je suis une personne qui court beaucoup parce que je me concentre sur une seule chose pour bien la faire et avoir des résultats. C’est pour ça que j’essaie de ne pas m’éparpiller, mais j’ai l’intention d’aller m’acheter un bon vélo et d’en faire, ça et la natation aussi. C’est dans ma liste de choses à réaliser dans ma vie.

Diane : Peut-être que tu vas faire du triathlon, on ne sait pas!

Francis : C’est sûr que mon premier objectif, c’est de faire un marathon et ensuite, j’essaie un sprint. C’est déjà classé dans ma tête.

Diane : Un duathlon alors!

Francis : J’aimerais bien le triathlon, un petit sprint pour commencer.

Diane : J’en ai fait quelques-uns.

Francis : Ah oui? T’es-tu rendue au Iron Man?

Diane : Non, non! Jamais fait d’Iron Man. Mon mari a essayé et il s’est blessé et il a arrêté après le vélo. Le vélo c’était bon, 5h14, une moyenne de 37 km/h. Il voulait se classer pour Hawaii, il était à Panama en Floride. Il s’en allait sur 10h15.

Francis : Ça m’impressionne beaucoup, parce que des fois, je parle comme quoi je m’entraîne et que je suis content du niveau où je suis rendu, même si je suis loin d’être au bout et je croise des gens qui n’ont pas l’air en forme et qui me disent qu’ils font des demis Iron Man et je me demande comment ils font ça!

Diane : Oui, il y a tellement d’entraînements différents… Mais en combien de temps ils le font? Mais quand même, faut le faire!

Francis : Oui, faire de l’exercice pendant 12 heures, même si tu le fais sur 12 heures, il faut le faire! C’est pas évident! J’ai un grand respect pour ces gens-là, alors oui, peut-être qu’un jour, je ferai le Iron Man.

Diane : Commence par un petit sprint. Après, olympique.

Francis : Il me reste encore du temps, je suis encore jeune! Je veux vieillir pour m’améliorer.

Diane : Oui, comme un bon vin!

Francis : Exactement! Est-ce que tu as un conseil général… Nos questions intervalles sont plus longues que l’entrevue! Donc, un conseil général, quelque chose à donner… Si tu veux, on peut le sauter et garder juste « Écoute ton corps » et les étirements.

Diane : Ah oui, les étirements sont très importants. Moi aussi, des fois, je m’étirais moins et c’est très important, au moins 15 minutes après, même si on n’aime pas ça. Faire de la musculation aussi. En vieillissant, on perd de la masse musculaire, alors oui, c’est important.

Francis : Tu fais ça au gym ou tu fais du free weight?

Diane : Des fois je me blesse sur les appareils pour les jambes, j’ai une petite salle d’exercice en bas de chez moi, il y a une piscine aussi – je suis en condo. Elle a 50 pieds (pas 50 mètres) et ce qui est bon, c’est de faire des fentes.

Francis : Vous devriez la voir, elle les fait mieux que quelqu’un qui a 20 ans!

Diane : Donc, tu fais ça pendant 1 minute et j’alterne. Je fais aussi des dumble. On dit que pour les femmes, contre l’ostéoporose, il faut faire des petits poids à main levée.

Francis : Petit conseil comme ça, faire un peu de musculation. Ma prochaine question : sur une île déserte, qu’est-ce que Diane la coureuse apporte comme accessoire?

Diane : Diane la coureuse apporte ses espadrilles, ses souliers de course, c’est sûr!

Francis : Ça, c’est normal, surtout qu’on a dit que tu n’aimais pas courir nus pieds.

Diane : Ma bouteille d’eau! Ma montre GPS. Qu’est-ce que j’apporte?

Francis : Avec ça, on a le minimum.

Diane : Ma canne à pêche? Des allumettes? Il faut que je mange aussi!

Francis : Dans le fond, l’idée c’est de savoir à quelle partie de ton équipement tu es le plus attachée, c’est un peu ça l’idée sous-jacente. Donc, ta montre GPS, tu cours avec? Est-ce que tu partages tes résultats en ligne?

Diane : Ah non! Je suis sur Facebook, mais je n’y vais presque pas, 5 minutes par jour. Je n’aime pas ça m’étaler.

Francis : C’était juste pour savoir, parce qu’il y a une nouvelle application, ben elle a 10 ans, mais ça ne fait pas longtemps que je la connais, qui s’appelle Stravia et qui permet aux gens de partager leurs résultats et ce qu’on entend beaucoup, c’est que les gens se mettent un stress parce qu’ils partagent avec leurs amis leurs résultats. Donc, quand on parlait de « faut que je le fasse » et que tu vois que tu ne cours pas vite ce matin-là, mes amis vont le voir…

Diane : Oui, on se compare.

Francis : Exact, c’est comparé. Toi avec toi-même, toi avec le groupe.

Diane : C’est stressant ça… Mais c’est motivant aussi. Tu te dis que tu vas y aller parce que sinon… Ma voisine elle a un podomètre, un fitbit et elle me dit « Je suis avec une de mes amies et je me dis qu’elle a marché plus que moi, alors il faut que je me dépêche à marcher! Je n’ai pas le temps, mais je dois y aller pareil! ».

Francis : C’est sûr que ça a un bon côté, c’est motivant. Mais, c’est sûr que quand on est en train de se blesser, ça peut nous plonger et nous forcer à continuer pour des mauvaises raisons. Je pense qu’il faut seulement ne pas faire les choses pour les mauvaises raisons.

Diane : C’est un bon conseil dans la vie : tout est en harmonie. Moi je veux l’harmonie dans ma vie.

Francis : Donc, tiens-toi loin de Stravia! C’est quoi ton prochain défi?

Diane : Mon prochain défi? Je n’en fais pas beaucoup. J’avais parlé du parc Lafontaine au mois d’octobre. Je veux aller à Oka, j’aime beaucoup ça, une belle petite course en sentier, c’est au mois de novembre.

Francis : C’est vrai que c’est vraiment beau.

Diane : J’essaie de ne pas en faire. Moi, une fois par 3 semaines… Cette année, c’était exceptionnel, j’en ai fait juste une.

Francis : Mais as-tu un objectif, mettons?

Diane : J’y vais au feeling. C’est pareil pour les entraînements, je fais des petits intervalles. Il a fait tellement chaud cet été, avec la canicule, ça ne me tentait pas d’aller faire une compétition. Comme en fin de semaine, la compétition, c’est à 10 h 45, ils annoncent 25 degrés, 34 avec humidex… C’est rendu que quand je vomis avant de partir, je me demande si j’ai vraiment besoin de ça. J’ai pas besoin de me stresser à mon âge…

Francis : Bien non, c’est sûr, on court pour avoir du fun!

Diane : Sans me répéter, on dirait que je suis rendue ailleurs. J’ai d’autres choses à faire.

Francis : Mais c’est correct! Dans le fond, je voulais juste savoir dans quel état d’esprit tu te rends… C’est quoi tes prochains défis?

Diane : Ce que je regrette par exemple, c’est que j’aurais dû faire de la piste. Aujourd’hui, en préparant mes records, je n’ai pas de piste. Je n’ai pas fait de record canadien sur piste. 5 000 mètres à 55 ou 60 ans et 65 ans. Et là, il y a une fille, une Québécoise qui est en train de courir et elle, mettons elle a fait tel temps. Et là, je me dis « Ah maudine, elle, elle ne m’aurait pas battue! ».

Francis : Bin écoute, il n’est peut-être pas trop tard!

Diane : Quand tu as un entraîneur aussi, c’est lui qui te pousse et qui te dit « Diane, regarde là, il y a un 5 km ». Mais maintenant, moi je n’ai pas d’entraîneur, je sais quoi faire comme entraînement. Mais des fois, un entraîneur peut te donner des contacts et te dire « Là, il y a une piste, tel jour, tu pourrais le 5 000 mètres et battre le record ». Les records, c’est fait pour être brisés!

Francis : Ok. Donc le prochain défi c’est de continuer sans se blesser.

Diane : Exactement.

Francis : Et apprécier la vie comme tu le fais si bien.

Diane : Oui.

Francis : Si les gens veulent te joindre, c’est quoi le meilleur moyen, s’ils veulent en connaître plus sur toi, s’ils veulent te dire bonjour.

Diane : S’ils veulent en connaître plus, ils vont sur Google et tapent Diane Légaré, j’ai des bons articles

Francis : Que j’aime beaucoup!

Diane : Je suis toujours prête à donner des conseils, ça va me faire plaisir.

Francis : Elle es très généreuse de son temps. Nous sommes déjà aux remerciements, merci beaucoup Diane, c’est vraiment apprécié parce que tu nous as apporté beaucoup de valeur par ton parcours. Merci pour ton temps. Merci d’avoir encouragé tout le monde dans le parc Maisonneuve qui courent. Elle est vraiment géniale, si vous l’avez déjà croisée, c’est sûr qu’elle vous a parlé. Elle court très vite t en plus, elle est le fun à croiser.

Diane : Tu es bien gentil Francis, ça été très agréable et merci aussi d’avoir pensé à moi, j’en suis flattée et merci pour ton temps aussi. Je te souhaite bonne chance dans cette aventure-là.

Francis : Bien merci ça me fait plaisir Diane.

Diane : Merci beaucoup!

Francis : Bonne journée!

Francis : Wow c’était super. Merci d’avoir partagé avec nous tes victoires, tes défaites, tes blessures, comment tu t’en es remis, ton état d’esprit, ta vision de la vie. Merci beaucoup, ç’a été vraiment motivant pour moi, le lendemain quand je suis parti courir, j’avais vraiment un boost d’adrénaline. J’espère que nos auditeurs vont avoir le même boost et la même énergie que j’en ai vécu qui vont sortir avec ça. Donc si je résume en gros des conseils de Diane ou ce qu’on peut en sortir de cette entrevue. Premièrement, s’il fait froid, on se protège du froid, on veut pas avoir des crampes musculaires dues au froid, avec un cuissard CW de préférence. On plonge pas la tête la première quand on descend une côte, du moins, on le visualise, mais on plonge pas trop sinon on peut se ramasser en pleine face comme on dit au Québec. Ce que j’en retire pour ma part, c’est le fait qu’elle ait arrêté de travailler, qu’elle travaillait seulement à temps partiel pour se concentrer sur sa passion. Je pense que ça fait réfléchir. Des fois, on est pris un peu dans nos routines, on attend le temps. Dans le fond, il faut faire le temps, la solution est simple. Le temps qu’on est en santé, qu’on est capable de le faire, c’est maintenant qu’il faut le faire et pas attendre, attendre et attendre. Le faire le plus rapidement possible, quitte à sacrifier d’autres choses, ça, c’est vraiment un beau « take away » pour moi. Et surtout, surtout, surtout, comme elle le dit si bien, il faut écouter son corps. Je pense qu’elle nous l’a répété environ cinq fois. Quand on se sent blessé, on peut se permettre une journée de break. Dans les notes de l’épisode, je vais inclure plusieurs trucs que Diane nous a parlé dont le Qi Gong. Je vais essayer de trouver une photo aussi. J’ai dit que j’allais prendre une photo, mais finalement on l’a pas pris. Quand Diane faisait la position du chien pour les étirements qui est comme un gros V, on se met les deux mains, les deux pieds par terre, on lève le fessier pour être au maximum en forme de V. Selon elle, si on a juste un étirement à faire, c’est celui-là parce que ça étire le corps au complet donc ça peut être une bonne référence pour vous. Donc si vous voulez avoir accès aux notes de l’épisode, je vous invite à aller au coureur.io/0011, en chiffre évidemment. Une dernière chose, si vous avez apprécié cet épisode, même si vous l’avez pas appréciée, puis vous voulez être tenu au courant du développement du podcast, des nouveaux épisodes, rester en contact, je vous invite à envoyer les trois chiffres 001 par message texte au 514-612-3039. Je vais me faire un plaisir de vous aviser de la sortie de chacun des épisodes et du développement du podcast au fur et à mesure que ça va. Je vous ai dit au début comment j’ai rencontré Diane la première fois. C’est un peu cocasse. En fait, j’étais en train de faire ma longue course, un dimanche au Jardin Botanique, c’était l’hiver et il devait faire assez froid, la veille il y avait plu, il y avait un petit redoux donc c’était glacé. Je pense que l’hiver dernier, ceux qui peuvent s’en souvenir, on a eu un hiver assez froid, très peu de redoux, mais beaucoup de glace. Donc ‘était glacé et j’avais mes spikes, mes crampons dans les pieds, on court un peu comme dans une écurie, ça fait « crack, crack crack » quand on court donc on court beaucoup moins vite, il y avait très peu de coureurs, parce que c’était froid et glacé. Donc je courrais pas mal tout seul dans le parc. À un moment donné, je vois cette dame, cette créature on va dire ça comme ça, s’en venir au loin à une vitesse vraiment incroyable, comme on dit au Québec « elle s’en venait sur un maudit temps ». Je la regardais et elle avait un manteau coupe-vent d’hiver assez carré, pas de forme. Donc je me demandais si c’était un jeune homme, une dame… J’essayais de comprendre un petit peu qu’est-ce qui s’en venait vers moi, surtout à la vitesse qu’elle s’en venait. Je me concentrais sur ses pieds parce qu’elle avait pas de spikes et elle était sur la glace. Elle était solide, solide, solide. On se croise dans la trail et elle me cri quelque chose comme : « les spikes vont te faire mal aux genoux! » Et là bref, je fini ma course, on termine quasiment en même temps, je termine un petit peu après elle, mais elle est en train de discuter avec un ami à la sortie du parc donc je l’interromps « aie, merci beaucoup, ça m’inspire de voir des gens comme vous ou plus âgés qui courent encore malgré le froid, malgré la glace, ça m’inspire. Vous êtes une source de motivation pour moi ». Elle dit « Y’a pas de quoi, bla-bla-bla.. ». On s’en va, je repars, elle passe en auto à côté de moi et, premièrement, elle a la générosité de m’offrir un lift. Comme elle a dit : « veux-tu un lift?! ». J’ai dit « non, c’est mon cool down, c’est bien correct. Elle me dit en roulant « Va voir mon blog, c’est dianelegare.com! ». J’avais entendu parler du phénomène, mais je savais pas que c’était elle donc on a parlé un peut friendly. J’étais tout content quand je suis entré, j’ai fait mes recherches et depuis je la croise à quelques occasions, on s’entraîne pas mal dans les mêmes heures. C’est ce qui résume ma première rencontre avec Diane, c’était vraiment particulier parce qu’elle a pas peur de dire ce qu’elle pense, elle encourage tout le monde, c’était vraiment le fun. Puis c’est le fun aussi de voir quelqu’un qui approche 70 ans qui nous dit d’aller voir son blog sur le boulevard Rosemont en roulant à 50 km/heure.

Si vous voulez me joindre, si vous avez des idées de sujet, des gens à suggérer et si vous êtes un spécialiste de la course, si vous aimeriez venir nous parler de votre expertise, ce que vous voulez, si vous êtes un athlète, même si vous êtes de bas niveau, juste partager votre parcours dans la course, le but d’est d’inspirer, d’aller plus à fond, inspirer, motiver les gens, et si on peut leur donner des conseils techniques donc si vous avez une idée de sujet ou quelqu’un à nous suggérer, et vous êtes coach, vous faites partie de l’entreprise de la course à pied, vous voulez nous parler un peu de ce que vous faites, hésitez pas à me joindre, il y a le courriel allo@coureur.io . Vous pouvez me joindre facilement là-dessus ou par la section contactez-nous du site web coureur.io. Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine et une bonne course, au plaisir!


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